Parenthèse n°16 – 6 conseils pour développer sa créativité

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Breaking news : la créativité ne serait pas un don réservé à une élite. Et heureusement d’ailleurs ! Dans cette Parenthèse, je vous donne quelques clés pour apprendre à développer cette compétence au quotidien.

Conseil n°1 : De ton potentiel créatif, conscience tu prendras

La créativité est cette capacité qu’a le cerveau humain à générer des idées. 42 idées par minute en moyenne pour être précise. Ces idées peuvent être géniales ou moins géniales, peu importe : nous sommes tous capables de sortir de notre cadre pour trouver des solutions inédites aux problèmes que nous rencontrons.

« Franchement je n’y crois pas vraiment, je ne suis pas quelqu’un de créatif : la preuve j’étais meilleur en maths qu’en arts plastiques à l’école !« 

Pense le(la) lecteur(rice)

Là je vous arrête tout de suite:

  1. Etre bon en maths n’a jamais exclu d’être créatif.
  2. La créativité artistique n’est pas l’unique forme de créativité que l’on peut développer.

Chacun a une forme de créativité qui lui est propre, et qui est liée à structure de son intelligence (cf. les travaux de Gardner sur les intelligences multiples).

Connaître son potentiel créatif, c’est avant tout bien se connaître et connaître ses capacités cognitives. Par exemple, à titre personnel, j’ai constaté que j’étais particulièrement créative dans un contexte émotionnel stimulant (lieu calme, au sein d’un groupe de personnes que j’apprécie, etc.) ou quand on me demandait de trouver des solutions à un problème inédit. Il m’est en revanche très difficile de générer de nouvelles idées dans un cadre contraint par le temps (chronométré) ou par les émotions négatives (le stress en particulier).

Mieux vous vous connaîtrez, mieux vous saurez quel cadre instaurer pour votre routine créative.

créativité 1

Conseil n°2 : Un cadre pour ta routine créative tu choisiras

Assez paradoxalement, la créativité aime la routine et a besoin d’un cadre pour s’exprimer. Qu’elle se pratique en solo ou en groupe, la créativité a besoin de régularité et d’entraînement pour être développée. Exactement comme un muscle : vous courriez le marathon de Paris sans entraînement vous ?

Très concrètement, un bon cadre pour votre routine créative peut se résumer en quelques points clé :

  1. Un lieu dédié. Qu’il soit entre quatre murs ou à l’air libre, ce doit être un lieu lumineux, ouvert, où les énergies circulent… Bref, un lieu qui vous est agréable et dans lequel vous pourrez réaliser toutes vos séances. Et comme notre cerveau d’homo sapiens est (parfois) un peu bête, il associera ce lieu à la dynamique de génération d’idées.
  2. Un moment dédié. Plutôt entre 14h et 16h d’après cet article de la Harvard Business Review, tôt le matin ou tard le soir… Peu importe ! A vous de tester et trouver le moment qui vous convienne le mieux dans la journée.
  3. Une ambiance stimulante. Avec ou sans musique, avec ou sans support numérique, seul ou à plusieurs, avec ou sans boissons ou grignotages… Ce qui compte c’est que vous entriez dans votre flow et que vous oubliiez tout le reste.
  4. De la régularité. Une fois le bon moment trouvé, je vous conseille vivement de vous caler des sessions récurrentes de créativité dans votre agenda, à la fréquence adaptée à vos objectifs.
  5. Un objectif par séance… ou pas ! Si vous rencontrez une problématique précise pendant que vous démarrez votre séance, c’est le bon moment pour essayer d’y trouver des solutions. Dans le cas contraire vous pouvez tout à fait vous lancer dans une séance sur un thème absurde (« L’œuf est-il à l’origine de la poule ? », « Pourquoi la poule a traversé la rue ? ») pour la beauté de l’exercice.

Conseil n°3 : Le lâcher prise pendant tes séances tu t’imposeras

S’il peut paraître paradoxal de « s’imposer » du lâcher prise, c’est pourtant un rituel absolument indispensable au début de toute séance de créativité.

Avez-vous remarqué que vos idées les plus brillantes venaient souvent d’elles-mêmes à des moments ou des endroits parfaitement incongrus (sous la douche, en faisant la vaisselle, en bricolant, etc.) ? C’est parce que le cerveau est plus créatif lorsqu’il est détendu, calme, attentif, réceptif.

Nous ne pouvons pas contrôler les idées qui nous viennent, ni le moment ni le lieu. En revanche, on peut favoriser l’émergence de nos idées en changeant de rythme et en réunissant les conditions de notre créativité (d’où l’importance d’une routine).

Vous pouvez par exemple changer de rythme en commençant par prendre une pause, écouter un podcast qui vous fait rire ou vous inspire, aller vous promener en forêt… Personnellement, je commence toutes mes séances de créativité par 15 minutes de méditation et 5 minutes de cohérence cardiaque 😉

Ce changement de rythme vous aidera à changer de perspective, éventuellement d’humeur, et donc à vous défaire de tout jugement quant aux idées qui émergeront. Juste à être à l’écoute et présent(e) à vous et vos idées.

Conseil n°4 : La divergence tu t’autoriseras, la convergence tu prépareras

La divergence, c’est notre capacité à prendre de la hauteur et à formuler une grande quantité d’idées originales. La convergence, à l’inverse, c’est notre capacité à transformer les idées en solutions qui répondent au problème posé.

La phase de divergence est absolument fondamentale puisqu’elle est la phase de génération d’idées à proprement parler. Elle permet notamment de se « purger » pour ensuite générer un maximum d’idées en lien avec notre problématique. Privilégiez vraiment la quantité quand vous divergez.

Vous pouvez utiliser des post-its pour noter vos idées pendant cette phase (en respectant la règle 1 post-it = 1 idée), ou travailler à partir d’un mind map (mon outil préféré).

Si vous avez des difficultés à diverger, voici un petit exercice qui peut vous aider à trouver 20 idées en 25 minutes :

  1. Notez les 5 premières idées qui vous viennent spontanément pour répondre au problème
  2. Cherchez 5 idées complètement folles, excentriques, délirantes
  3. Cherchez 5 idées en ajoutant des contraintes à la problématique (« avec un budget de 30€ ? », « sans internet », « avec les yeux bandés », etc.)
  4. Cherchez 5 idées « pour ne pas faire pire » que ce que vous faites actuellement pour répondre à la problématique

Toute phase de divergence est nécessairement suivie d’une phase de convergence, phase pendant laquelle vous allez reprendre vos idées, les classer par groupes thématiques et les sélectionner.

Cette phase doit être impérativement préparée en amont, et notamment vos critères de sélection. Vous pouvez systématiquement appliquer les mêmes critères de sélection (par exemple « idée géniale » vs. « idée immédiatement réalisable ») et croiser ces critères pour prioriser les idées que vous retiendrez.

Quoiqu’il en soit le résultat doit vous diriger vers des points d’actions concrets qui vous permettront de répondre à la problématique posée.

Conseil n°5 : Tes idées en totalité tu conserveras

Toute idée est bonne à conserver, même si vous ne l’avez pas sélectionnée pendant cette séance. Elle pourra notamment vous aider à répondre à une autre problématique. Ou pourquoi pas être l’origine du lancement d’un nouveau projet ?

Que vous ayez posé vos idées sur post-its ou sur un mind map, je vous recommande de toutes les conserver dans un seul et unique endroit. Dans un dossier « Divers » par exemple, ou si vous utilisez le logiciel Trello, dans une liste spécifique (1 carte par idée).

L’essentiel est que cette « boîte à idées » soit accessible par vous à chaque séance de créativité. Et pourquoi pas que vous prévoyiez des moments dans votre routine créative pour (re)piocher dans cette boîte à idées.

Conseil n°6 : Auprès de bonnes sources tes inspirations tu puiseras

La créativité se nourrit de créativité. Vous l’aurez certainement compris au fil de cet article.

Pour générer des idées de qualité, il faut vous entraîner à en générer un maximum. Mais ils faut aussi vous nourrir d’autres idées de qualité (le fameux food for thought qu’on aime particulièrement chez Roi Corp).

Livres, films, documentaires, expositions, conférences, colloques, etc. La veille est un processus de longue terme, mais qui aide à passer à la vitesse supérieure en matière de créativité. Veiller à la qualité de vos sources, à la diversité des thématiques auxquelles vous vous intéressez, mais aussi se confronter à la créativité de l’Autre… Autant d’éléments pour vous aider à constituer le terreau d’une créativité durable et fructueuse.

Alors, prêt(e)s à enfin devenir créatif(ve) ?

Signé : Axelle

Pour aller plus loin :

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Parenthèse n°15 – 4 conseils pour devenir un fundraiser agile

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Comment les fundraisers peuvent-ils s’approprier les méthodes agiles pour gagner en flexibilité, réactivité, transparence et anticiper l’après Covid-19 ? Dans cette Parenthèse, qui est la suite de la « Parenthèse 14 – Pourquoi les fundraisers ne peuvent plus se passer d’agilité« , je vous propose d’appliquer 4 conseils pratiques pour ajouter un peu d’agilité dans votre plan d’action 2020.

Ces 4 conseils sont tirés de 4 grands principes du Manifeste Agile (2001) :

  • « Individuals and interactions over processes and tools« 
  • « Working software over comprehensive documentation« 
  • « Customer collaboration over contract negotiation« 
  • « Responding to change over following a plan« 

Conseil n°1 : L’individu doit être votre priorité

L’individu doit invariablement être au centre de vos priorités. Les process et les outils découleront des talents au sein de votre équipe.

En bon fundraiser agile, que vous soyez seul ou bien entouré, votre rôle est de veiller à créer une équipe de choc pour faire décoller votre campagne sans contraintes, sans brider, et sans autoritarisme. C’est à dire en soudant, dynamisant et en responsabilisant vos équipes, selon les principes de l’intelligence collective.

man standing in front of people sitting beside table with laptop computers

Le modèle de Tuckman en 4 étapes est un bon repère pour vous aider en ce sens :

  1. La formation de l’équipe (forming) : créez du lien au sein de votre équipe tout en clarifiant l’objectif commun et les méthodes de travail adoptées. Aidez chacun à trouver sa place au sein de l’équipe et soutenez les bonnes idées pour que chacun soit force de proposition.
  2. Le lancement du projet (storming) : lancez la conception du projet en dégageant notamment les problèmes et tensions éventuelles qui pourraient exister. Installez un climat de confiance en régulant les conflits et en cherchant des solutions, sans chercher à prendre la main de façon autoritaire.
  3. La régularisation (norming) : une fois que les problèmes ont été évacués et que chacun s’est approprié l’objectif commun, l’équipe peut se structurer et fixer le cadre de travail (règles de fonctionnement, mode de prise de décision, langage commun, outils de la gestion de projet, etc.)
  4. L’exécution du projet (performing) : si l’équipe n’a pas besoin de supervision et peut fonctionner en autonomie, votre rôle est de faciliter les prises de décision et être une passerelle entre l’équipe et les autres parties prenantes du projet.

En période de confinement, il est tout à fait possible d’adapter ce conseil à une équipe qui travaille à distance (cf. l’article de Florent Lothon sur le site l’Agiliste).

Conseil n°2 : Adoptez des solutions qui fonctionnent sur le terrain

Comprendre par là « …plutôt que de prévoir des stratégies brillantes sur le papier qui finalement n’auront servi qu’à flatter les égos de la gouvernance« .

Oui je suis dure, mais il en va de notre crédibilité en tant que fundraisers. Et soit dit en passant d’installer une forme de culture du résultat au sein des organisations non profit. Mais je m’égare…

Ce deuxième conseil est un corollaire du premier, puisqu’il n’existe pas de solution qui marche sans répondre précisément au besoin de l’utilisateur final (donateur, bénévole, sympathisant, ambassadeur, etc.).

Pour prendre en compte le besoin de vos utilisateurs et déclencher quelques bons réflexes d’agilité et de créativité au sein de l’équipe, ces quelques outils peuvent vous aider :

  • Réalisez une cartographie du projet pour adopter une vue d’ensemble de votre sujet, vos enjeux et principaux alliés, le tout incrémenté d’une veille quotidienne sur votre secteur et les univers connexes pour anticiper de futures évolutions.
    Je vous recommande vivement de réaliser cette cartographie sur un mind map collaboratif (Coggle par exemple).
  • Menez des entretiens semi-directifs (donc avec un guide d’entretien pour ceux qui suivent) d’une durée de 30 à 45 minutes avec des utilisateurs potentiels. Vous pouvez agrémenter ces entretiens d’enquêtes quantitatives (uniquement pour valider certaines tendances perçues). Ces entretiens permettront de créer des personae qui vous aideront à poser les problématiques auxquelles votre solution devra répondre.
  • Mettez vos personae en situations réelles d’interaction avec votre solution en réalisant des storyboards ou des empathy maps (What would my user do? What’s in it for him/her?)

Se mettre d’accord sur les besoins des utilisateurs permettra à l’ensemble de l’équipe de construire une vision commune et de s’y raccrocher tout au long de la campagne.

Conseil n°3 : Collaborez avec vos parties prenantes

A tout moment, si vos parties prenantes acceptent de jouer le jeu, vous pouvez les consulter ou leur demander leur avis.

Impliquer vos ambassadeurs ou plus proches alliés dans la prise de décision ou les tenir informées tout au long de la campagne peut vous aider à partager la même vision et avancer dans la même direction. Et leur permettre de se sentir utiles.

Ne négligez jamais le fait qu’une représentation visuelle du projet peut les aider à mieux situer les enjeux ou les problématiques rencontrées. Les cartographies, parcours utilisateurs, storyboards sont de bons outils visuels.

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N’hésitez pas à représenter votre gestion de projet en utilisant la méthode kan ban, qui vous aide à vous situer dans la réalisation du projet à l’instant T. Vous pouvez très bien décliner votre business model de campagne dans un pipeline simple divisé en seulement 4 colonnes sur un Trello :

  1. Contacts à cultiver ou en cours de qualification
  2. Prospects à activer ou engager (inviter à un événement, fixer un rendez-vous, envoyer une proposition de partenariat formelle, etc.)
  3. Prospects murs (en cours de négociation)
  4. Partenaires ou donateurs validés

Conseil n°4 : Adaptez-vous aux évolutions de votre environnement concurrentiel

Sur 3 ans, durée d’une campagne digne de ce nom, beaucoup de choses peuvent changer. Dans votre environnement concurrentiel et au niveau macroéconomique bien sûr, mais aussi en interne (changement de direction ou de présidence, turn over dans les équipes, etc.) .

Adoptez la philosophie des méthodes agiles, et particulièrement de Scrum, qui consiste à tenir un product backlog, sorte de journal de bord de la livraison de votre solution mis à jour quotidienne et constamment priorisé selon le degré de complexité de la fonctionnalité souhaitée.

Révisez sans arrêt votre « product backlog de campagne », contenant votre plateforme de discours et vos différentes campagnes menées sur plusieurs donateurs. Repriorisez mensuellement vos actions de collecte en fonction des résultats obtenus et du ROI, voire du ROTI (return on time invested). Testez et évaluez les solutions que vous avez mises en place et inventez de nouvelles actions si de nouvelles opportunités apparaissent.

Dans quels cas les méthodes agiles ne prendront-elles pas ?

Si la culture de votre organisation est trop éloignée de ce mode de fonctionnement ou si l’organisation n’est pas prête à se lancer, si le management horizontal fait peur, si la bienveillance est une valeur qui n’est que rarement appliquée, si la parole du grand « chef » relève de la parole divine… Alors il y a malheureusement de fortes chances que les méthodes agiles ne prennent pas (tout de suite) dans votre organisation.

Si le besoin de faire bouger lignes ce fait cependant pressant, je vous recommande de commencer d’abord par animer quelques sessions de créativité au sein de votre organisation. Ces temps courts ou séminaires plus longs permettront d’introduire des valeurs de l’intelligence collective dans votre mode de fonctionnement. Ces petits pas auront nécessairement une valeur bénéfique sur le long terme !

Et le confinement n’est pas une excuse, puisqu’on peut même assurer des ateliers de design thinking à distance (cf. cet article du cabinet Suricats).

A vous de jouer maintenant 🙂

Signé : Axelle

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Parenthèse n°14 – Pourquoi les fundraisers ne peuvent plus se passer d’agilité

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Dans cette nouvelle Parenthèse, qui ouvre la série « Fundraising Lab » des Parenthèses d’Axelle, je vous explique en quoi les fundraisers ne peuvent plus ignorer la notion d’agilité, à l’aube d’une nouvelle ère économique éminemment complexe, imprévisible et inédite.

Trop de process en fundraising tue le fundraising

Les fundraisers les plus chevronné(e)s pourront en témoigner : le fundraising s’est beaucoup professionnalisé ces dernières années. Auparavant pratiqué de façon artisanale, le fundraising a fini par devenir une question stratégique à la fin des années 2000 pour les organisations non profit.

Et on ne va d’ailleurs pas s’en plaindre ! Les équipes de fundraisers s’étoffent, les stratégies se structurent, les plans d’action à 3 ans se rodent.

Mais il faut bien l’admettre, nos calendriers finissent par bien se remplir, voire devenir répétitifs d’une année sur l’autre :

  • Campagne IFI en mai – juin,
  • Collecte de la taxe d’apprentissage en janvier – février,
  • Réunions de comité d’ambassadeurs trimestrielles,
  • Vagues de prospection en télémarketing à la période des assemblées générales,
  • Dîner de gala annuel,
  • Campagne de fin d’année omnicanale ou 360° pour fidéliser et upgrader,
  • …etc.
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Malgré une méthodologie du Fundraising Circle pourtant itérative et incrémentale, il peut être très facile de tomber dans le process à outrance, reléguant ainsi les notions d’agilité et de créativité au statut de vœux pieux.

Et cela comporte des dangers non négligeables pour l’efficacité de nos campagnes, et plus largement l’impact de nos organisations et leur capacité de changement.

Danger n°1 : une (trop) grande pression sur soi et ses équipes

Le fundraiser est déjà un mouton à 5 pattes, qui s’occupe à la fois de la stratégie, de la relation avec des donateurs historiques, de ses équipes, de sa gouvernance, de ses prestataires.

Impact Investing: «dessine-moi un mouton (à cinq pattes)» - Bilan

Il ne peut pas en plus :

  • Etre un leader inspirant,
  • Etre omniscient et omnipotent,
  • Décrocher des millions,
  • Faire des économies de budget,
  • Innover,
  • Garder le sourire en toute circonstance,
  • Et faire le café à la prochaine réunion du comité d’ambassadeurs.

Danger n°2 : une dégradation de la qualité de la relation donateurs

L’imprévu et à la spontanéité sont des composantes essentielles de la relation que nous devons créer avec nos donateurs (et particulièrement ceux dont les portefeuilles sont les plus dodus). Par conséquent il n’y a rien de pire que de passer pour un parfait petit robot fundraiser devant ses donateurs, débiteur d’un discours recyclé et in fine dépassé.

Plus largement, il semble difficile d’incarner sa cause et son organisation quand sa plateforme de discours date d’il y a 10 ans et qu’elle n’a pas été révisée depuis. Le contexte sociétal a par ailleurs forcément changé, nos cibles et leurs besoins ont évolué. Et donc les canaux pour aller les chercher ne sont plus les mêmes.

Ignorer que les besoins de nos donateurs changent constamment et ne pas s’adapter revient au mieux à rater des opportunités, au pire à se tirer une balle dans le pied sur le long terme.

Danger n°3 : rater des opportunités dans la nouvelle donne économique post Covid-19

Ce ne sont pas les imprévus et les bouleversements qui ont manqué ces dernières années pour les organisation non profit.

Réformes successives du cadre juridique et fiscal, crise sanitaire et économique, substitution de la RSE au mécénat… Il semblerait que les fundraisers aient passé depuis 2018 plus de temps à réadapter leurs stratégies et leurs process qu’à réellement innover.

Réadapter sa stratégie tous les ans, alors que les process en interne sont lourds et inefficaces est inévitablement douloureux, épuisant et démotivant. Et cela prive enfin et surtout le fundraiser de la créativité et l’attention doit il a besoin pour explorer de nouvelles opportunités.

En quoi les méthodes agiles peuvent nous aider ?

Les fameuses « méthodes agiles » viennent du monde du développement logiciel, et suivent les 12 principes du Manifeste Agile créé en 2001 par un collectif de développeurs.

Faisant la part belle à l’intelligence collective, les méthodes agiles permettent une gestion de projet plus empirique et moins prédictive, dans des environnements complexes, incertains, et aux parties prenantes multiples.

Ça vous dit quelque chose ? Alors rendez-vous vite sur la « Parenthèse n°15 – 4 conseils pour devenir un fundraiser agile« .

Signé : Axelle

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Parenthèse n°13 – Le fundraiser est-il un commercial comme les autres ?

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« Comment ? Le fundraiser, un commercial ?! ». A la lecture du titre de cette nouvelle Parenthèse, j’imagine déjà mes confrères et consœurs fundraisers s’indigner, me traiter de tous les noms, voire mettre ma tête à prix au prochain Séminaire de l’Association Française des Fundraisers.

Du calme chères et chers collègues ! Vous commencez à me connaître maintenant : je ne recule jamais devant une occasion de faire un peu de provocation. Mais c’est toujours pour la bonne cause 😉

Et en l’occurrence, la cause que je vais ici défendre est bien celle de notre beau métier de fundraiser. Mon but étant surtout de permettre à des non-initiés de bien comprendre ce que n’est pas le fundraiser et ce qu’il fait.

De la difficulté de définir le métier de fundraiser

Ceux qui me lisent depuis maintenant deux ans savent que j’ai déjà consacré quelques articles à la définition du métier.

La Parenthèse n°1 de ce blog était déjà un plaidoyer pour une meilleure connaissance et reconnaissance du métier. Dans un bref article rédigé sur LinkedIn en 2018, je posais aussi la question de la cause comme motivation profonde du fundraiser.

Au bout de quatre ans de pratique du métier, je m’aperçois que la question de la (re)définition du métier se pose sans cesse. Principalement parce que le métier de fundraiser s’exerce dans un contexte en constante évolution.

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De la porosité croissante du non profit et du for profit

Entre secteur caritatif traditionnel, économie sociale et solidaire (ESS), entrepreneuriat social, startups issues des mouvements Tech for Good, fonds d’investissement à visée sociale ou environnementale… On ne sait pas toujours où donner de la tête !

Autant d’acteurs à la croisée de logiques non profit traditionnelles et marchandes, avec donc des rapports à l’argent et des cultures du résultat très différentes.

Et tous ces acteurs plus ou moins nouveaux recherchent aujourd’hui des fonds.

Je suis moi-même régulièrement contactée par des projets de ce type, tous plus intéressants les uns que les autres. Et une difficulté majeure que je rencontre est bien celle que le métier de fundraiser n’est que très peu connu.

Dans le meilleur des cas, le fundraiser est vu comme un business developer avec un savoir-faire précis, une méthodologie qui permet de structurer l’approche empirique mise en place par le projet à ses débuts. Dans le pire des cas, le fundraiser est vu comme un apporteur d’affaires, avec un carnet d’adresses déjà constitué et qui se rémunère au pourcentage du nombre de leads transformés.

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Des compétences commerciales… Mais une finalité différente !

La loi de Pareto du fundraiser

Le fundraiser fait bien entendu appel à des compétences commerciales, particulièrement quand il s’occupe de développer des partenariats entreprises comme c’est mon cas.

Qualification, prospection, relances et suivi de la relation avec le prospect… Ces hard skills du commercial sont essentielles au fundraiser pour ne pas se perdre dans la jungle d’opportunités qui s’ouvrent devant lui. Côté soft skills, avoir une culture business et B-to-B est particulièrement importante quand on s’adresse à des « grands comptes » (ou « grands donateurs » selon le jargon en vigueur).

Pour autant la loi de Pareto s’applique bel et bien au métier de fundraiser.

Pour obtenir des résultats, le temps du fundraiser doit impérativement se découper de la manière suivante :

  • 80% dédié à la réflexion stratégique, à la définition des projets à présenter, à l’identification des cibles, à l’élaboration des campagnes spécifiques liées à chacune d’entre elles… et à fédérer en interne pour engager toutes les forces vives dans l’effort de développement.
  • 20% de son temps à la prospection et à l’entretien de la relation avec ses prospects, à la négociation des conventions et au suivi de la relation avec le partenaire / mécène.

Ce qui justifie en fin de compte que le fundraiser se rémunère par un salaire fixe ou des honoraires et non à la commission.

balance fundraiser

La cause, l’impact et la non-lucrativité comme finalités

Un commercial intervient dans un environnement business où le but de son métier consiste à développer le chiffre d’affaires ou les revenues d’une organisation, afin d’accroître ses résultats et, à terme, ses profits.

Le fundraiser, lui, travaille dans un environnement où les ressources dégagées par son travail permettent d’améliorer le quotidien de publics fragiles. Un produit bien à part et sans aucune valeur marchande.

Alors bien sûr, chemin faisant, les ressources collectées par le fundraiser contribuent à payer les salaires dans l’organisation à la fin du mois. On a tous besoin de manger !

Dans les deux cas on est dans une logique B-to-B ou B-to-C (voire B-to-B-to-B et B-to-B-to-C), mais la finalité ultime du travail du fundraiser reste la cause et le projet social de l’organisation.

Fundraiser un jour, fundraiser toujours ?

On peut donc facilement concevoir qu’un commercial en quête de sens puisse devenir un jour fundraiser. L’inverse est-il vrai ? Un fundraiser peut-il devenir un jour commercial ?

La réponse à cette question n’est à mon sens pas évidente. L’engagement pour l’intérêt général propre au métier de fundraiser dépasse largement le simple cadre professionnel. Il fait partie intégrante d’un cheminement personnel, de convictions, d’un système de valeurs construit au fur et à mesure des années. Difficile donc d’imaginer qu’un professionnel comme le fundraiser puisse revenir en arrière en la matière.

A moins que vous ne connaissiez un fundraiser devenu commercial(e) ? Dans ce cas, je veux bien le / la rencontrer 🙂

Signé : Axelle

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Parenthèse n°12 – A-t-on encore besoin du mécénat ?

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Dans ce douzième opus des Parenthèses d’Axelle, j’aimerais inviter les organisations non profit à prendre un peu de recul sur la récente réforme du régime du mécénat dans le cadre du PLF 2020. Je veux surtout les inciter à réfléchir à la place que le mécénat occupe dans leur modèle économique. Explications.

De l’utilité du mécénat…

Je veux évacuer ici un point important : mon propos n’est pas ici de remettre en cause l’utilité du mécénat pour les organisations non profit.

OUI, le mécénat est utile aux organisations non profit de tous les secteurs. Et son principe ne doit aucunement être remis en cause.

NON le mécénat n’est pas une niche fiscale comme l’ont prétendu certains élus ces derniers mois. Je rappelle qu’il relève, quoiqu’il arrive et même avec déduction de l’impôt sur les sociétés, d’un appauvrissement d’une entreprises au profit d’une cause d’intérêt général. S’il s’agissait vraiment d’une niche fiscale, mes collègues fundraisers et moi-même aurions beaucoup moins de mal à trouver des entreprises mécènes !

Mais chers collègues et amis du non profit, prenons un peu de recul si vous le voulez bien.

Mécénat 1

… à une légitime contestation

N’oublions pas, d’abord, que le mécénat d’entreprise est tiré à la hausse ces dernières années par le développement du mécénat local et des TPE, PME et ETI (cf. Baromètre ADMICAL / CSA 2018). Difficile à ce stade de gager que l’encadrement du mécénat des grandes entreprises aura un impact sur les ressources de toutes les organisations non profit en 2020.

Le mécénat est aujourd’hui sous le feu de bon nombre de critiques, et on ne peut qu’admettre qu’elles sont fondées. L’avalanche de promesses de don après l’incendie de Notre Dame de Paris en Avril 2019 a relancé un débat légitime quant à l’utilisation faite du mécénat par certains grands acteurs philanthropiques.

Bon nombre de nos concitoyens ont évoqué leur méfiance et leurs inquiétudes sur le mécénat d’entreprise. En tant que professionnels, nous nous devons de prendre acte des dérives de certaines entreprises.

Nous devons admettre et reconnaître que le mécénat puisse être utilisé à des fins discutables. Refusons d’être instrumentalisés par des partenaires peu scrupuleux ! Soyons à l’écoute des inquiétudes de nos concitoyens, qu’ils soient actuels, anciens ou futurs donateurs.

Mécénat 2

Ouvrons-donc le débat et parlons de ce sujet. Et rappelons au passage et sans relâche que nous sommes indispensables à la société.

Le mécénat n’est pas une niche fiscale, mais ce n’est pas non plus un Eldorado

Je vois trop souvent chez les organisations non profit avec lesquelles je travaille des positions dogmatiques par rapport au mécénat.

Il y a bien sûr d’un côté les organisations qui rejettent encore en bloc l’idée de recevoir du mécénat d’entreprise. C’est un cas sur lequel je ne m’attarderai pas ici. Je veux parler des organisations qui voient le mécénat comme une manne miraculeuse, remède de tous leurs maux. Une solution miracle pour leur indépendance et de leur pérennité économique.

Mécénat 3

Je ne peux qu’inviter ces organisations à s’interroger sur leurs motivations profondes à faire du mécénat d’entreprise.

Le mécénat n’est en effet pas un but en soi, une réponse miracle à tous les problèmes des organisations non profit. Il est encore moins un moyen de pallier aux baisses de financements publics que ces organisations subissent.

Le mécénat n’est qu’un régime fiscal, un dispositif mis à disposition des organisations non profit et des entreprises pour travailler en bonne intelligence. C’est une solution parmi tant d’autres pour développer ses ressources.

Faire sans le mécénat, c’est possible !

Le secteur de l’intérêt général n’a pas attendu la fameuse Loi Aillagon de 2003 pour émerger.

Les organisations non profit peuvent développer leurs ressources économiques de nombreuses manières différentes auprès des entreprises. J’en ai notamment parlé dans ma « Parenthèse n°10 – TPE/PME : 5 idées pour des partenariats efficaces avec l’Économie sociale et solidaire« .

Et si vous voulez savoir comment faire, je vous invite à consulter le cas pratique que j’ai rédigé sur mon accompagnement du Mouvement Français pour un Revenu de Base.

Faire sans le mécénat implique de mener une réflexion profonde sur son modèle économique. On peut d’ailleurs s’inspirer des travaux du RAMEAU en la matière.

A vous de trouver le modèle économique qui correspond à votre organisation ! Et qui lui permette de rester la plus indépendante possible et de ne pas subir les changements de cadre juridique et fiscal.

Signé : Axelle

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