Parenthèse n°12 – A-t-on encore besoin du mécénat ?

Share Button

Dans ce douzième opus des Parenthèses d’Axelle, j’aimerais inviter les organisations non profit à prendre un peu de recul sur la récente réforme du régime du mécénat dans le cadre du PLF 2020. Je veux surtout les inciter à réfléchir à la place que le mécénat occupe dans leur modèle économique. Explications.

De l’utilité du mécénat…

Je veux évacuer ici un point important : mon propos n’est pas ici de remettre en cause l’utilité du mécénat pour les organisations non profit.

OUI, le mécénat est utile aux organisations non profit de tous les secteurs. Et son principe ne doit aucunement être remis en cause.

NON le mécénat n’est pas une niche fiscale comme l’ont prétendu certains élus ces derniers mois. Je rappelle qu’il relève, quoiqu’il arrive et même avec déduction de l’impôt sur les sociétés, d’un appauvrissement d’une entreprises au profit d’une cause d’intérêt général. S’il s’agissait vraiment d’une niche fiscale, mes collègues fundraisers et moi-même aurions beaucoup moins de mal à trouver des entreprises mécènes !

Mais chers collègues et amis du non profit, prenons un peu de recul si vous le voulez bien.

Mécénat 1

… à une légitime contestation

N’oublions pas, d’abord, que le mécénat d’entreprise est tiré à la hausse ces dernières années par le développement du mécénat local et des TPE, PME et ETI (cf. Baromètre ADMICAL / CSA 2018). Difficile à ce stade de gager que l’encadrement du mécénat des grandes entreprises aura un impact sur les ressources de toutes les organisations non profit en 2020.

Le mécénat est aujourd’hui sous le feu de bon nombre de critiques, et on ne peut qu’admettre qu’elles sont fondées. L’avalanche de promesses de don après l’incendie de Notre Dame de Paris en Avril 2019 a relancé un débat légitime quant à l’utilisation faite du mécénat par certains grands acteurs philanthropiques.

Bon nombre de nos concitoyens ont évoqué leur méfiance et leurs inquiétudes sur le mécénat d’entreprise. En tant que professionnels, nous nous devons de prendre acte des dérives de certaines entreprises.

Nous devons admettre et reconnaître que le mécénat puisse être utilisé à des fins discutables. Refusons d’être instrumentalisés par des partenaires peu scrupuleux ! Soyons à l’écoute des inquiétudes de nos concitoyens, qu’ils soient actuels, anciens ou futurs donateurs.

Mécénat 2

Ouvrons-donc le débat et parlons de ce sujet. Et rappelons au passage et sans relâche que nous sommes indispensables à la société.

Le mécénat n’est pas une niche fiscale, mais ce n’est pas non plus un Eldorado

Je vois trop souvent chez les organisations non profit avec lesquelles je travaille des positions dogmatiques par rapport au mécénat.

Il y a bien sûr d’un côté les organisations qui rejettent encore en bloc l’idée de recevoir du mécénat d’entreprise. C’est un cas sur lequel je ne m’attarderai pas ici. Je veux parler des organisations qui voient le mécénat comme une manne miraculeuse, remède de tous leurs maux. Une solution miracle pour leur indépendance et de leur pérennité économique.

Mécénat 3

Je ne peux qu’inviter ces organisations à s’interroger sur leurs motivations profondes à faire du mécénat d’entreprise.

Le mécénat n’est en effet pas un but en soi, une réponse miracle à tous les problèmes des organisations non profit. Il est encore moins un moyen de pallier aux baisses de financements publics que ces organisations subissent.

Le mécénat n’est qu’un régime fiscal, un dispositif mis à disposition des organisations non profit et des entreprises pour travailler en bonne intelligence. C’est une solution parmi tant d’autres pour développer ses ressources.

Faire sans le mécénat, c’est possible !

Le secteur de l’intérêt général n’a pas attendu la fameuse Loi Aillagon de 2003 pour émerger.

Les organisations non profit peuvent développer leurs ressources économiques de plein de manières différentes auprès des entreprises. J’en ai notamment parlé dans ma « Parenthèse n°10 – TPE/PME : 5 idées pour des partenariats efficaces avec l’Économie sociale et solidaire« .

Faire sans le mécénat implique de mener une réflexion profonde sur son modèle économique. On peut d’ailleurs s’inspirer des travaux du RAMEAU en la matière.

A vous de trouver le modèle économique qui correspond à votre organisation ! Et qui lui permette de rester la plus indépendante possible et de ne pas subir les changements de cadre juridique et fiscal.

Signé : Axelle

Share Button

Parenthèse n°11 – Vive 2020 !

Share Button

2019 a été une très belle année pour « Roi Corp ». Pour autant, j’aborde 2020 avec impatience. Voici pourquoi.

2019 : l’année de l’équilibre et de l’harmonie

Dans ma newsletter de Janvier 2019, je posais l’intention d’atteindre un plus grand équilibre professionnel et une plus grande harmonie entre ma vie personnelle et professionnelle. Un véritable objectif en soi que l’on soit freelance ou non.

Petit point d’étape alors que le mois de Janvier 2020 est déjà bien entamé.

Un petit chez moi plutôt qu’un grand « chez les autres »

Dans la première moitié de 2019, je me suis lancée (avec Chéri <3) dans une course de fond que certains d’entre vous connaissent certainement : une acquisition immobilière (et les travaux de rénovation qui vont avec). Si la menée à bien de ce projet n’a pas été de tout repos, il en résulte que je ne jette désormais plus mes précieux revenus d’indépendante dans un loyer (#SérénitéFinancière). J’ai pour les prochaines années un point de chute durable (#Stabilité), sans restrictions aucune pour y installer mon siège social. Le tout dans la verte commune de Clamart, en région parisienne (#DuVertEtDuCalme).

Vive 2020 ! (1)

Mens sana in corpore sano

La deuxième moitié de 2019 a été une période consacrée à une meilleure connaissance de moi-même. Une fois mes bagages posés dans mon nouveau nid douillet, j’ai réalisé un bilan psychologique doublé d’un accompagnement par une coach (la grande Yéza Lucas). Cette démarche m’a permis de me dégager de nombreuses croyances dites limitantes et de me projeter sur les 20 prochaines années. J’ai avec bonheur découvert chez moi des ressources insoupçonnées de créativité, sur lesquelles j’entends bien capitaliser à l’avenir.

Autre changement majeur de 2019 : la gestion de mes émotions et de mon temps. J’avais déjà commencé ce travail en 2018 en bloquant dans mon agenda des séances de sport hebdomadaires. La découverte de mon potentiel créatif m’a décidée à me consacrer plus de temps encore cette année. Je me suis donc engagée avec conviction dans de nouveaux projets chorégraphiques. J’ai même commencé de nouvelles activités comme l’écriture ou le coloriage pour adultes (si si !).

Mais l’initiateur de tout cela a été la découverte de la méditation, que je pratique quotidiennement depuis maintenant 6 mois. Cette pratique m’a beaucoup aidée à gérer mon stress, et m’a appris quelque chose de fondamental : le lâcher prise (#Hallelujah).

« If you want to make the world a better place, take a look at yourself and make that change »

Michael Jackson

Chez « Roi Corp », on scale aussi !

NB : Pour les profanes du parler « Startup Nation », « to scale up » veut dire « changer d’échelle ».

Côté business, 2019 m’a permis d’atteindre un équilibre dans mon modèle économique. Cette année a aussi été celle de la reconnaissance par mes pairs. J’ai eu le grand privilège de rejoindre le groupe métier des consultants indépendants animé par l’Association Française des Fundraisers.

En conséquence de mon travail de longue haleine de personal branding et de marketing digital, j’ai reçu également cette année de nombreuses propositions de collaboration. Plus que le nombre, c’est la qualité de ces propositions qui m’a agréablement surprise, tant en terme de budgets que d’ambition des campagnes de levée de fonds.

Je dois aujourd’hui me rendre à l’évidence : « Roi Corp » joue désormais dans la cour des grands !

Vive 2020 ! (2)

2020 : l’année Luxe, calme et volupté ?

J’ouvre grand les bras à cette année 2020, pour laquelle j’ai posé trois défis de taille. Challenge accepted!

Défi n°1 de 2020 : travailler moins pour gagner plus

Quand on est indépendant, la tentation est grande d’accepter de nouvelles missions plus rémunératrices (tout en continuant d’honorer les actuelles !), de saisir toujours plus d’opportunités… Bref, d’avancer toujours plus vite !

Si tout cela est grisant et flatte l’égo, cela conduit inévitablement à l’épuisement. Si l’on ne pose pas de garde-fous, ce rythme de vie peut avoir des effets à long terme sur la santé et la vie personnelle.

En 2020, je me fixe donc pour objectif de ne plus travailler que 4 jours par semaine. Pour me dégager du temps pour moi, des temps où il n’y a rien à réussir, rien à atteindre. Tout simplement.

Vive 2020 ! (3)

Défi n°2 de 2020 : indépendante mais pas solitaire

Quand on joue solo, on atteint rapidement la limite des missions que l’on est capable d’assumer seul. Et pourtant le changement d’échelle fait partie de la vie de toute entreprise qui se porte bien.

Le burn out ne faisant pas franchement partie de mes projets de vie, j’ai décidé qu’il valait désormais mieux déléguer plutôt que d’être reléguée.

En 2020, mon défi sera de jouer collectif. Déléguer certaines tâches, monter à plusieurs indépendants sur des missions d’envergure, continuer à élargir mon réseau de talents seront autant de préoccupations qui animeront mon année.

Défi n°3 de 2020 : vers l’international et au-delà

J’aspire à terme de retourner vivre à l’étranger. Et 2020 sera la première étape de ce grand projet.

D’un point de vue personnel, 2020 sera l’année des voyages, avec notamment un gros voyage prévu de longue date avec Chéri : le Japon.

D’un point de vue professionnel, j’inaugure en ce début de 2020 un nouveau projet éditorial, « Fundraisers d’Ailleurs », une rubrique des Parenthèses d’Axelle consacrée à des portrait de fundraisers d’autres pays du monde.

Je suis donc entièrement ouverte, chers lecteurs de mon blog, à vos recommandations d’interviews dans les pays suivants : Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Portugal, Italie, Canada, Japon, Australie, Afrique du Sud… A vos commentaires !

Signé : Axelle

Share Button